Persévérez simplement, continuez à essayer et à vouloir. Prononcez au moins ces paroles : « Mon Dieu, aide-moi à te parler ». ou encore : « Mon Dieu ! »
Si vous persistez, vous recevrez bientôt l'inspiration. Des mots venant de très loin, du fond de vous, émergeront soudain. Et ces paroles qui jaillissent de ce qu'il y a de meilleur, de divin, de caché en vous, sont le début de la Réponse de Dieu.
Si votre coeur est dur comme le roc, il fondra peu à peu...
Texte inspiré et fondé sur les enseignements de notre maître saint et redoutable, lumière mystérieuse et impénétrable, éclat dévoilé de la Sainteté infinie. Notre maître, guide spirituel de notre génération, Rabbénou :
Rabbi Nah'man de Braslav
Que son mérite nous protège
et de son disciple, maître inspiré et vénérable, illumination parfaite, érudit des mystères sacrés :
Rabbi Nathan de Braslav
Que son mérite nous protège
Texte entrelassé de versets sacrés de la Thora, du Talmud et des textes kabbalistiques du Saint Zohar.
Publication des institutions Braslav
Yavnéel
Titres parus
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A la mémoire de Nessim Haï Mimoun ì"æ bar Shaala ì"æ décédé le 16 Adar1 5757 – Homme de paix, de renoncement et de crainte de la faute devant l'Eternel.
A la mémoire de Raphaël Touïtou ì"æ, décédé le 11 Sivan 5743 (23 Mai 1983) et de Sylvain Talabi Lévy ì"æ, décédé le 2 Nissan 5750 (28 Mars 1990).
A la mémoire de Denise Khamsa Haddad ì"æ, décédée le 26 Tevet 5758.
A la mémoire de Shimon Fitoussi ì"æ, décédé le 6 Shevat 5758 et de Emilie Esther Fitoussi ì"æ, décédée le 5 Sivan 5758.
En tout premier lieu, mon bien aimé, mon enfant chéri, sache qu'il ne faut jamais désespérer. Même si tu as souffert au cours de ton existence, toutes sortes de chutes et de bouleversements, tu te dois d'oublier ton passé d’une manière absolue. Sache en effet que, fondamentalement, l'accomplissement personnel en ce monde est relatif à la capacité d'oublier : le fait qu'un homme oublie ses souffrances passées aiguise son espérance et réactive son élan vital.
Dans cette optique, Rabbi Nah'man de Braslav, de mémoire bénie, s'exprime ainsi :
" L'oubli passe d'ordinaire aux yeux des hommes pour une faiblesse malheureuse. Selon moi, l'oubli, au contraire, est un don de Dieu. Si l'oubli n'existait pas, le moindre service divin serait inconcevable, car l'individu en viendrait à se souvenir de toutes les adversités qui l'ont accablé et, tourmenté sans répit par ses réminiscences, ne pourrait rien accomplir. Car par nature, l'individu tend à se remémorer son passé en permanence et cette habitude de lorgner en arrière suscite l'échec. A l'inverse, ma voie consiste, sitôt un événement passé, à l'oublier et à ouvrir une nouvelle page ; et ce n'est qu'en agissant ainsi que j'ai pu réussir ". (Si'hot Haran, 26)
En vérité, l'exercice de l'intellect rend possible l'appréciation d'une sublime réalité : les portes du ciel sont ouvertes. Le Saint béni soit-Il aime d'un amour ardent chaque fils d'Israël ; Il se languit de chacun, quel qu'il soit et attend que tous reviennent à Lui. Quant à ce qui fait principalement obstacle à ce retour, ce sont précisément ces lancinants rappels du passé. Cette mémoire stérilisante épuise l'homme et entrave le caractère perfectible de son être. Qu'il veille à ne jamais succomber à la tentation du rabâchage, et à l'inverse, qu'il se voue à la pratique de cet effort d'amnésie volontaire. Il s'offrira alors la possibilité de s'inclure en l'absoluité du Créateur, béni soit-Il. Comprends, dès lors, que ton destin futur n'est pas conditionné par ton comportement passé, absorbe-toi ainsi en une quête permanente de renouveau et tu découvriras que les cieux sont ouverts...
Dès qu'une créature ose revenir à Lui et s'abandonner à Sa Présence, une telle Téchouva sincère est d'emblée agréée. Et même si elle a commis les plus graves méfaits, les actes les plus sordides – même si elle s'est corrompue à travers l'hérésie et l'idolâtrie (que Dieu nous en préserve) – malgré tout, le Saint béni soit-Il revient sur ses décrets et l'accueille en son sanctuaire. Son bras est prompt à recevoir les pénitents – aussi comprends qu'il t'est possible, en cet instant précis, d'amorcer un nouveau départ. Bien vite, des changements positifs surgiront dans ta vie. Et si ces transitions te semblent tellement difficiles, c'est précisément que Dieu t'éprouve là où il s'agira pour toi, d'opérer d'un choix essentiel.
Tes fautes te semblent si graves que les cieux, crois-tu, te sont fermés ; que personne ne tient compte de ton existence, que nul n'écoute ta voix, que tes actes ne rencontrent aucun écho et que tout est cadenassé devant toi. Laisse-moi pourtant te dire que tout ceci n'est qu'illusion. Il n'y a pas de réalité absolue en dehors de Dieu. L'essence de la réalité – le réel derrière les apparences – est purement divin. Lui seul existe, Lui seul règne et rien en dehors de Lui n'a d'existence véritable.
Les portes du ciel sont ouvertes, dis-je, et chaque fois que tu parviens à percevoir cette vérité abrupte, inaugure un nouveau départ, oublie ton passé comme s'il n'avait jamais été et offre toi ainsi les moyens de pénétrer la suprême réalité.
A ce stade, la tentation est pressante de se croire un être de peu de valeur. On se remémore le boulet existentiel qu'on traîne derrière soi – cette boite de vermines attachée à notre vie et remplie d'actes sordides, d'échecs, d'humiliations, de désillusions et d'espoirs déçus. En vérité, ce ne sont là que fallacieuses illusions de l'esprit et vaines constructions intellectuelles vides de sens qui achent la véritable réalité à savoir que les cieux sont ouverts et que le futur n'a aucune raison d'être un remake du passé.
Et même si tu as déjà fait Téchouva une première fois, il faut persévérer et entreprendre une seconde Téchouva pour réparer la première Téchouva. Bien entendu, les portes sont ouvertes devant tout fils d'Israël qui veut revenir vers son Père, mais l'Eternel est infini par essence et il est inconcevable d'imaginer que tu aies pu atteindre la réalité ultime dès ta première tentative. En fait, à chaque étape de la Téchouva, à chaque porte ouverte, dans chaque somptueuse entrée pénétrée, une nouvelle porte plus sublime se dresse sur la voie menant à la Sainteté éternelle. La dynamique du retour s'inscrit nécessairement dans un processus infini.
Plus encore, faire Téchouva c'est vouloir s'attacher à l'Eternel Tout Puissant et ce processus infini, allant de pallier en pallier, est à renouveler chaque jour. Les accomplissements spirituels d'hier deviennent caduques aujourd'hui s'ils ne sont pas renouvelés intégralement. Ces illuminations décrites hier comme merveilleuses et fascinantes paraissent fatalement aujourd'hui matérialisation de l'ineffable. Aujourd'hui, la chose divine est comprise bien plus profondément qu'hier et la représentation passée est déjà banalisation. La réalisation spirituelle suit nécessairement une progression graduelle.
Dès l'instant où tu acceptes cet enseignement dans toute sa profondeur, plus rien ne peut te briser dans ton retour vers ta véritable nature, dans ton retour vers Dieu. Car, originellement, l'homme a été créé doté d'une âme qui se languit sans cesse de beauté, de sublime et de perfection et dont le désir est de s'unir à son essence qui est l'Absolu.
Et sache, mon bien-aimé, mon fils chéri, que le secret du retour consiste à s'adresser directement à Dieu dans ta langue maternelle et dans un langage qui vient du coeur grâce à un moyen aussi simple et aussi agréable que de parler à Dieu comme on parle à un père ou un ami. Si tu t'habitues à raconter à l'Eternel Tout Puissant tout ce que tu as vécu et que tu en arrives à déverser ton coeur, alors petit à petit ton mal, le venin ainsi que l'amertume accumulés le long des années sortiront de ton coeur et ton âme se purifiera en se bonifiant.
Surtout, ne te laisse pas soudoyer par ton mauvais penchant qui te souffle à l'oreille un langage de tromperie, essayant de te faire croire que tu serais un être de peu de valeur en citant tes échecs passés. Ris-toi de lui et répète en toi-même : le Créateur est un père qui m'aime, Lui seul me comprend, Lui seul peut m'aider, Lui seul entend mes prières et mes pleurs. Efforce-toi de t'abandonner dans la prière, implore le Créateur avec tes propres mots, pense à toute ta souffrance endurée et à la joie d'avoir ce père qui t‘aime et qui se languit de ta prière depuis si longtemps.
Aussi, mon fils chéri, mon bien-aimé, prends ces paroles à coeur et surtout ne désespère sous aucun prétexte. Et même si l'imagination t'a entraîné dans un état de déprime, de tristesse et d'amertume, même si tu crois être dépourvu de force vitale et enfermé dans une prison de profond désespoir, même si ce Satan te fait croire que l'espoir et l'avenir se sont éteints pour toi, repousse-le des deux mains dans son inexistence onirique, ris-toi de lui et remémore-toi que les cieux sont ouverts devant toi. Notre Dieu, Créateur du ciel et de la terre, Créateur de la joie et de la tristesse, voit tout et attend que son enfant frondeur, égaré dans les impasses de l'impureté, revienne à Lui et décide d'abandonner cette voie de mensonge et d'illusion pour rentrer à la maison, réintégrer la foi de ses ancêtres en menant une vie honnête de justice et de bonté. Heureux celui qui fait pénétrer cette sagesse dans son coeur, il sera garanti d'une vie saine et harmonieuse.
II
Il faut que tu saches, mon bien-aimé, mon fils chéri, que lorsqu'un individu décide de s'approcher de Dieu et de faire une Téchouva totale dans un repentir sincère, cet être – même s'il est empli des meilleures intentions possibles – doit subir des centaines et des milliers de chutes et de remontées. Il s'élève dans les hauteurs spirituelles les plus éthérées puis retombe dans la plus basse matérialité. C'est alors qu'il se doit de maintenir sa position héroïquement et supporter des déconvenues terribles. Il doit renforcer son coeur chaque fois à nouveau sans s'offusquer, ni même être surpris par ces rechutes. Le Juste n'est pas celui qui ne tombe pas car tout le monde tombe. Le Juste est celui qui se relève. Celui qui s'engage dans la Téchouva devra résister aux tentations de l'inertie. Il devra se répéter en lui-même un message clair et univoque : confiant dans l'aide du Ciel, je ne me laisserai pas briser. Je fais Téchouva vers le Saint béni soit-Il quel qu'en soit le prix et je fais le choix d'oublier mes déboires passés dans lesquels je ne veux en aucun cas retomber. Fort de cette joie de construire enfin sur un roc de vérité, le Baal Téchouva s'armera d'une confiance absolue envers le Maître de l'univers et s'efforcera de ne craindre aucune créature, en serait-il de sa propre personne. Sache que ce dispositif intentionnel constitue la véritable témérité spirituelle.
Si tu accomplis cet exploit, tu t'inscris dans l'objectivité de l'héroïsme hébraïque, car l'essentiel de la hardiesse tient dans l'assiduité et dans la persévérance. Quand un homme s'obstine à se rappeler en permanence que rien ne peut le briser, que rien ne peut le faire chuter et que rien ne peut l'éloigner de l'Omniprésence sacrée, alors les pseudo puissances maléfiques qui l'empêchent de s'attacher à son Père aimant volent en éclats. Le pénitent peut alors prendre conscience de la présence divine qui l'a accompagné à chaque instant depuis sa naissance dans une surveillance bienveillante et protectrice. Il sait, d'une foi absolue que le Saint béni soit-Il l'aime d'un amour total malgré ses fautes. La réussite dépend donc de la persévérance et de l'affermissement de soi. L'homme doit se renforcer à chaque instant par un effort sur sa conscience à la fois contre l'apparence trompeuse du monde des sens et contre les élucubrations de son intellect soudoyé. Il doit rationnellement prendre conscience que la chute loin de Dieu n'existe pas puisque Dieu est partout. La chute n'est nullement absence de Dieu mais manquement cognitif et ignorance de Sa présence.
Dès l'instant où l'individu fait pénétrer dans sa conscience que le Maître du monde dirige l'univers dans ses moindres détails et que tout dépend de l'action de Sa Providence, il se rit du monde et de lui-même. Il retrouve le sens de l'humour qui lui permet de prendre une distance par rapport au monde et de relativiser les dangers dans une perspective réaliste. Les contingences et les gens qui l'accablent ne sont que des marionnettes dans les mains du Créateur, ils ne sont que des postiers transportants des messages qu'il s'agira d'apprendre à décoder.
L'essentiel du travail de l'homme sur cette terre consiste à dépasser la réalité apparente de la causalité et à découvrir le véritable maître du monde qui crée l'univers à chaque instant. Chaque instant est une nouvelle création, totalement nouvelle, autonome et indépendante de la création perçue à l'instant précédent. L'échec quotidien consiste à oublier cela et à ressasser nos fautes et nos erreurs passées. Cela nous brise totalement, nos paralyse dans la déprime et la dépression. Tel est le sens de la révélation divine que nous a chanté le roi David : « c'est Moi qui t'engendre aujourd'hui » (Psaumes 2, 7).
Le Baal Téchouva doit actualiser cette sentence des Psaumes et sentir dans sa chair qu'il renaît chaque jour de ses cendres en un être nouveau. Et même si cette décision de Téchouva a été prise des milliers de fois et que malgré l'enthousiasme et le dynamisme du moment, la mise en pratique n'a pas pu être réalisée avec persévérance et que le Baal Téchouva a chuté ; il n'y a pas là lieu de s'inquiéter et de désespérer.
Chaque jour, chaque heure et chaque instant est propice à un nouveau début, il faut s’efforcer d’être dans la joie constamment, s'adresser au Saint béni soit-Il avec une persévérance retrouvée, et surtout continuer à faire le bien en aidant les personnes dans la détresse autour de nous. Voici exposé en quelques mots, le secret de la réussite du retour à Dieu. Il s'agit ici du véritable retour à soi-même, un retour qui nécessite un travail de longue haleine sur le caractère et sur les actions. Et cet effort assidu ne peut être soutenu que dans la conscience que là-bas – tout près de nous – les portes du ciel sont grandes ouvertes et que la chute éventuelle est une étape programmée de la thérapeutique.
Si tu te pénètres et médites cette parole de sagesse, tu seras le plus accompli des hommes. Toutefois, je dois te dire que tu devras affronter de nombreuses épreuves dures et amères, car depuis le ciel, on cherche à te tester pour vérifier ta confiance en Dieu et le degré de détermination de ton désir de retour.
Sache que même le plus admirable des Justes, l'être en adhésion permanente avec le Créateur, est éprouvé durement et amèrement. Comme pour le commun des mortels, des impies maet des écorces d'impureté s'efforcent de le séduire et lui aussi parfois succombe et tombe. Les puissances impures affaiblissent sa conscience éthérée, brise son moral et sa confiance en Dieu et essaient d'infléchir sur son degré d'adhésion au divin. Le résultat, si par malheur le mal réussit, est semblable à l'effet décrit précédemment : le Juste en vient à oublier sa proximité à Dieu, oublie que seul Dieu règne sur la terre comme au ciel et perd son contrôle sur sa vie et sur les mondes. A l'instant où il en arrive à oublier – le temps d'un instant – l'Eternel, le Juste fauteur se trouve dans le même monde d'impureté et de désarroi que le commun des pêcheurs. Parfois, il lui semble même que tout espoir de retour est perdu, qu'entre lui et son Créateur se creuse un abîme infranchissable.
Ce qui fait la différence entre l'homme accompli et l'homme encore imparfait n'est pas dans la chute, phénomène commun à tous et nécessaire à l'évolution ascensionnelle vers les cimes spirituelles, mais dans l'aptitude à se relever rapidement. Le Juste, dont la stabilité mentale est renforcée par des années de discipline, est prompt à identifier l'influence des élans négatifs et réagit sans délai. Le Juste est celui qui se relève et, sans hésitation, retourne à la proximité divine.
En remontant - par la force de la Téchouva - le Juste ouvre les portes du ciel aux plus éloignés, leur montrant la voie sur laquelle eux aussi peuvent rentrer à la maison des coeurs et restaurer leurs âmes meurtries. Et comme la traversée expérientielle, mentale et spirituelle parcourue par le Juste lors de sa chute et de sa relève est infiniment plus grande que celle des êtres communs, l'énergie positive dégagée est elle aussi remarquable.
La Providence divine, qui dirige le moindre geste de toutes les créatures et n'abandonne qu'en apparence les fauteurs, permet ainsi aux âmes perdues dans cette même impureté d'être récupérées. Le Juste repenti rapporte en fait ces âmes égarées vers les mondes de la réparation et cela est un acte de pitié incommensurable car, comme tu le sais pour l'avoir vécu dans ton corps : il est très difficile de se sortir soi-même de son enfermement.
Comment revenir quand on est perdu loin de sa véritable nature si ce n'est par l'intervention dévouée et totale d'un être prêt à se sacrifier pour sauver ses frères. Dieu, qui a pitié des âmes fautives et désire dans une attente passionnée le retour des pêcheurs, envoie ainsi ses Justes dans tous les recoins de l'univers pour permettre à chacun de retrouver un fil conducteur vers lui-même. Aussi cher lecteur, toi mon bien-aimé, toi que j'aime autant que mon propre fils, place ta foi dans le Créateur et inaugure un nouveau départ. Et sans le moindre doute, le Saint béni soit-Il ne t'abandonnera pas. Pénètre-toi de cette connaissance et tu obtiendras une réussite exceptionnelle.
III
Cher lecteur, toi mon bien-aimé, toi que j'aime autant que mon propre fils, sache que tu possèdes en toi des forces spirituelles prodigieuses. Sache que quand tu es saisi de mélancolie et que tu te mets à te souvenir de tout ce qui t'est arrivé dans le passé, tu agis alors contre ton intérêt réel. Celui qui te pousse à te laisser aller à te remémorer tes souffrances passées est ton ennemi, le Satan, qui cherche à ruiner ta volonté et à briser ta force vitale pour t'éloigner du Créateur et t'éprouver.
Dieu t'appelle à être dans une joie permanente et le Satan cherche à t'éloigner de Lui en te plongeant dans la tristesse et en cherchant à t'enfermer dans le désespoir. Donne-toi alors toutes sortes de techniques et utilise toutes les subtilités possibles pour t'affermir dans ta joie. Concentre tes pensées sur la Bonté divine, source même de tout renforcement, celle que le Roi David – incarnation biblique du pécheur repenti – a décrit en ces termes (Psaumes 139) : " Si j'émerge au ciel, Tu es là ; si je m'étale dans l'abîme, Te voilà ". Rappelle-toi que toute cette noirceur perçue est le produit de notre regard sur le monde ; la réalité telle qu'en elle-même est neutre de tout état d'âme et n'inclut aucune forme de tristesse. Bien au contraire, les portes du ciel sont ouvertes, tout est possible et nous ne pouvons que nous réjouir.
Englobant dans un même regard d'un côté la vanité des prétentions humaines et de l'autre l'immensité de la miséricorde divine, celui qui a réellement intégré le sens vertigineux de cette assertion, comprend le temps d'un instant privilégié qu'il peut et doit – quel que soit son degré d'impureté – revenir à Dieu d'un coeur entier. Quand ce message révolutionnaire est intériorisé à chaque instant, le fervent se sent appelé et capable non seulement d'oeuvrer à son propre repentir mais aussi de réveiller les autres fils et filles d'Israël au repentir absolu. Pour cela, ne te laisse pas manipuler et n'écoute pas ton mauvais penchant qui t'incite au mal, te murmurant à l'occasion que tu ne vaux rien et que rien de bon ne sortira jamais de toi, ou te chuchotant dans tes moments de faiblesses que ton espoir est illusoire et que ton futur sera aussi minable que ton passé.
Repousse-le des deux mains. Remercie-le de remplir sa fonction telle que dictée par la Providence et renvoie ce diable dans sa boite pour l'éternité. Dis-lui que tu crois dans la miséricorde sans limite de Celui qui vous a créé lui et toi, et que tu as confiance dans la bonté incommensurable de Celui qui a pitié de toutes Ses créatures. Habitue-toi surtout à parler avec ton Créateur dans le langage qui t'est le plus aisé, celui que tu utilises avec ta famille et tes amis ; sois assidu et confirme-toi dans cette discipline. L'abandon à Dieu est une discipline qui comme tout art prend corps par la pratique et se patine avec le temps.
Même si tu as déjà exprimé ta dévotion au Seigneur une première fois, n'hésite pas à recommencer à prier une nouvelle fois, ne désespère pas de la Providence : reformule ta demande, déverse ton coeur et exige du Tout Puissant que toutes tes requêtes soient exaucées. Telle est d’ailleurs le conseil prôné par nos sages (TB Brakhot 32b) :
En effet, nul ne sait ce que verra naître le jour qui vient. Peut-être ce jour donnera naissance à une nouvelle épreuve, un échec ou une nouvelle déception.
Seul celui qui est déterminé dans sa foi, sûr dans sa confiance qu'un projet de justice dirige l'univers et apte à reconnaître le Seigneur tant dans la réussite que dans l'épreuve, ne sera pas déstabilisé par une telle tornade.
Celui qui s'est renforcé dans sa foi, qui s'est habitué à prier et à déverser son coeur devant son Créateur, résistera dans la bataille et finalement vaincra la tentation de tristesse. Les cieux sont ouverts devant un tel être. Celui-ci pénétrera de plus en plus profondément dans les arcanes de la splendeur divine et pourra se réfugier sous les ailes de la Providence dans les moments d'épreuves. Souviens-toi de ces paroles mon bien aimé, mon fils chéri, car tu en auras bien besoin dans tes moments d'épreuve.
Entraîne-toi à pratiquer cette discipline, adresse-toi à ton Père céleste et conserve mentalement sa Présence en chaque instant, et tu verras une grande réussite dans ta vie.
Celui qui médite le fait que les cieux sont ouverts devant lui - que personne d'autre que Dieu ne le comprend, que nul ne l'aime d'un amour absolu et gratuit si ce n'est Dieu Lui-même, que personne n'a besoin de lui si ce n'est le Saint béni soit-Il Lui-même - sera le plus heureux et le plus réussi des hommes. Il n'aura besoin de personne pour assurer sa stabilité affective si ce n'est de Dieu Lui-même qui Lui, de par Son essence, ne fait jamais défaut.
IV
Il faut que tu saches, toi mon bien-aimé, toi que j'aime autant que mon propre fils, que la vie dans ce monde physique n'est pas facile et que chacun sans exception affronte des crises et des vagues renversantes de natures diverses. La grandeur de l'homme tient dans son aptitude à se renforcer et à se maintenir, par delà les inévitables travers, sur sa courbe de progression spirituelle.
L'erreur commune tient dans le fait que chacun croit dans son for intérieur que sa crise est la plus terrible et la plus affreuse et que lui seul perçoit dans sa vie une pareille perplexité. Cela lui rend la vie malheureuse, détruit ses instants présents qui pourraient être remplis de joie et, finalement, empêche l'avènement du bonheur à venir.
Celui qui croit sa condition humaine unique et terrible, uniquement terrible et terriblement unique, ne peut concevoir que d'autres partagent une douleur similaire. Tous ces êtres innombrables ne sentent pas dans leur chair que les portes du ciel sont ouvertes. Au contraire, chacun, enfermé dans sa détresse existentielle qu'il perçoit comme unique, pense que le monde entier s'oppose à ses projets et ses désirs. Telle est certainement la description du monde pour celui qui n'a pas encore pris conscience du projet divin qui dirige l'univers dans ses moindres détails. Le monde et la condition humaine lui semblent s'inscrire, en effet, dans un parfait chaos et seule une vacuité désespérante plane sur le cosmos depuis l'éternité.
Sache, mon fils bien aimé, que cette illusion fallacieuse est nécessaire au déroulement du plan directeur supérieur et que cette possibilité de croire à un système aléatoire permet d'octroyer à l'homme le libre arbitre.
L'homme, joyau de la création, a été créé libre. Il peut, s'il le désire, créer son propre malheur. Rien n'est plus simple ; il lui suffit pour cela de sombrer dans le désespoir et l'illusion. En revanche, s'il décide selon la méthode exposée précédemment de modifier son attitude ; alors pour lui aussi, du fond des retournements dans lesquels il patauge, existe un espoir réel d'émerger de sa condition limitée. Dès lors, le monde lui apparaît sous un tout autre éclairage : un monde radieux, débordant de joie et d'espoir. Il perçoit alors d'une manière claire et limpide que les cieux sont ouverts devant lui.
Aussi, cher lecteur que j'aime comme mon fils bien aimé, je te prie de te prendre en main et une fois pour toute sortir de toi-même, vivre à la hauteur de tes potentialités et de " balancer par la fenêtre " ton antériorité encombrante. La majeure partie des gens souffrants sur cette terre souffrent de ne pas pouvoir se débarrasser de leur passé. Celui-ci leur colle à la peau comme un démon monstrueux et grotesque car ils ne désirent pas réellement s'en séparer. Des déboires sans fin en découlent et en particulier, il leur semble que les cieux leur sont hermétiquement clos, que le futur s'est éteint pour eux et que l'espoir leur est désormais définitivement interdit. Ils tombent alors dans le désespoir, dans la dépression et dans la frustration et continuent à traîner leur vie dans le désespoir et la frustration de ce qu'ils pourraient être et vivre.
En vérité, comme chacun le comprend dans son fond intérieur, il n'y a aucune raison d'accepter cette frustration et ce désespoir ; le futur dépend de notre décision de diriger notre vie.
Ce pessimisme naturel est le fruit d'une vision erronée de la réalité : il est le produit de l'illusion morbide, elle-même nourrie de nos fautes passées. Celles-ci ont permis de laisser s'accumuler dans notre esprit une épaisse couche d'impureté qui empêche à la vision saine et divine d'illuminer l'univers.
Parmi ces fautes troublant l'esprit et brouillant l'âme rationnelle, il n'y a pas de source de contamination spirituelle et intellectuelle plus grande que l'utilisation malsaine et dégradante du membre sacré de la procréation. Le lieu de l'alliance, consacré par la circoncision et cadeau divin destiné à la procréation, est aussi l'endroit où la corruption et le vice ont la plus grande facilité à s'infiltrer. Chaque goutte de semence, qui aurait pu donner naissance à un sourire supplémentaire sur cette terre et qui a été gaspillée, nourrit les forces corruptrices de la générosité de l'esprit et de l'âme.
Chaque relation interdite, désirée ou à plus forte raison consommée, entache ton regard sur le monde d'un soupçon supplémentaire d'égoïsme. Cette souillure de concupiscence intéressée trouble l'aptitude à penser correctement et nourrit les vices les plus difficilement curables.
Certes, nos fautes passées ont assombri notre capacité à voir la bonté de Dieu qui est inscrite dans chaque parcelle de l'univers. Mais ce même Seigneur Dieu qui a créé la faute pour nous éprouver, a aussi créé le repentir. Il nous a doté du cadeau de la Téchouva et nous a montré la voie grande ouverte du retour par la bouche de ses sages. Sache que pour toi – comme pour chacun de Ses enfants – Il a veillé à ce que les portes du ciel demeurent ouvertes.
La dynamique de Téchouva comporte donc plusieurs étapes :
D'abord, l'homme doit revenir au Saint béni soit-Il et tendre vers une adhésion plénière à Ein Sof, à l'Infini, émanation première et source dans la divinité de l'origine des mondes.
Ensuite et en parallèle, l'aspirant à Dieu doit comprendre, exprimer et se pénétrer du savoir qu'en dehors de Lui rien n'a d'existence propre. Lui seul donne vie, essence et existence à toute la création.
Enfin, si, devant la majesté divine toute puissante, le chercheur de vérité reconnaît sa dépendance objective et accepte d'amoindrir les modalités de son être, son arrogance naturelle se fracture. Et par le mérite de cette annulation de soi, de ce bitoul atsmi, toute cette contamination, sous-produit des fautes passées et faisant adhérer l'homme au mensonge illusoire, s'étiole peu à peu et à sa place apparaît l'attachement premier vers les forces de la pureté et de la source vivifiante éternelle.
Sache qu'il n'y a pas de plaisir et de jouissance spirituelle plus grande que cette proximité au Très Haut. Et tout le cheminement pour atteindre ce bonheur, cette adhésion mystique, ne peut être accompli que dans une foi simple et entière.
Quand le pèlerin spirituel n'occupe sa pensée que de Sa présence sacrée, son âme se purifie de toutes sortes d'écorces rustres et rugueuses, de toutes sortes d'esprits malfaisants, de forces d'impureté et de puissances démoniaques qui ont acquis une influence possessive sur lui à cause de ses fautes. Pour cela, je te demande, cher fils chéri et bien aimé, de te débarrasser de toutes les futilités et illusions qui ont pénétré ton intellect tant de plein gré que malgré toi.
Médite le fait que les cieux sont ouverts et qu'un lendemain lumineux s'étale devant toi si seulement tu t'efforces de parler au Saint béni soit-Il comme on parle à un ami proche ou comme parle un fils à son père. Et même si, au début, cela te semble très difficile, presque impossible et qu'aucun mot ne peut sortir de tes lèvres ni de ton coeur. Même s'il te semble que personne ne s'intéresse à ce que tu dis et que nul n'attend tes paroles ; sache que cela provient de tes fautes passées qui ont dressé comme un écran entre toi et ton Dieu. Point n'est besoin d'un protocole de communication complexe ou d'un langage érudit pour communiquer avec ton père aimant ; oblige-toi simplement à parler à Dieu avec tes mots un moment fixe chaque jour.
V
Il faut que tu saches, cher lecteur, toi mon bien-aimé, toi que j'aime autant que mon propre fils, que celui qui a le mérite de respecter et d'honorer le jour sacré du Chabbat, c'est-à-dire celui qui en ce jour sacré se garde de ne pas profaner les prescriptions particulières qui font de ce jour pas comme les autres un avant-goût du Paradis céleste. Oui ! Celui qui fait son Chabbat dans la joie, qui s'efforce de ne prononcer aucune parole profane en ce saint jour, qui n'y pratique aucune activité de matérialité non nécessaire ni ne se tourmente de préoccupations mondaines, celui-ci acquiert le mérite que les cieux soient grands ouverts devant lui.
Car le Chabbat est le portique des six jours de la s, le passage obligé par lequel s'écoulent les flux d'énergie positive d'origine céleste qui nourrissent et irriguent de vitalité notre quotidien. Cet influx nourricier ne peut se déverser dans les jours que quand le canal Chabbatique qui y mène est en harmonie avec la symphonie cosmique dans laquelle il s'inscrit. Et cette harmonie est établie par un respect scrupuleux et précis des ordonnances religieuses qui correspondent aux impératifs sacrés des mondes supérieurs. Le Chabbat, les cieux sont ouverts dans un dévoilement magnifique et terrifiant à la fois car c'est pendant cet espace-temps que descend sur celui qui s'est préparé à le recevoir, à savoir celui qui s'est donné les moyens de pouvoir respecter les prescriptions appropriées du jour sacré, une illumination et une onde d'adhésion mystique. C'est ainsi qu'il faut comprendre la parole des sages (TB Chabbat 118) : " Celui qui respecte le Chabbat et s'en réjouit méritera un héritage illimité ". Dès l'instant où le dévot est rayonnant et joyeux le jour du Chabbat, les contraintes limitantes qui normalement le restreignent lui sont ôtées et les cieux lui sont ouverts. Il jouit alors d'une abondance tant matérielle que spirituelle car le Chabbat enrichit dans ces deux dimensions complémentaires.
Vois mon bien-aimé, mon fils chéri, combien est grand le mérite de celui qui respecte le Chabbat car il permet aux cieux de s'ouvrir devant lui. Surtout, garde toi bien de ne pas transgresser les interdictions liées à ce saint jour car, que Dieu nous en préserve, (Exode 31, 14) : " les profanateurs sont passibles de mort ". Les cieux se referment devant le profanateur et celui-ci déambule les six jours restants dans une obscurité lénifiante, jusqu'à ce que finalement la clarté spirituelle lui soit ôtée totalement. Perdu sans distinguer de lueur d'espoir au bout du tunnel de son chagrin, il entre alors dans une mélancolie, voire un désespoir, de plus en plus profonds. Néanmoins, dès qu'il se met à respecter le Chabbat de tout son coeur, allant rayonnant et joyeux dans la sainteté du Chabbat et qu'il se met à désirer la proximité de la spiritualité et de la vitalité divine, il retrouve en retour les prémisses de son élan vital et découvre que les cieux sont de nouveau grands ouverts pour lui. Alors s'épanche sur lui le flux bonifiant divin pour les six jours de la semaine et ces derniers prennent alors tout leur sens.
Mon fils chéri, ouvre-toi à la spiritualité, prends la place qui t'attend dans l'orchestre cosmique de la Création et écoute les sublimes mélodies jouées par chacune des créatures. Accorde les violons de tes actions au rythme de la semaine céleste et apprends toi aussi à jouer ta partition de commandements telle que révélée au Sinaï. Tu pourras alors entendre la symphonie cosmique originelle et entrevoir peut-être le chef d'orchestre divin qui t’éclaire de Sa face souriante en chaque instant pour te convier à construire ton bonheur matériel, affectif et spirituel.
Voilà, si tu souhaites devenir un homme accompli et heureux, je ne saurais que t'inviter à te prendre en main et à fêter somptueusement le Chabbat de l'Eternel chaque Samedi à partir du vendredi dès le crépuscule. Nos sages ont même affirmé que (TB Chabbat 118) : " Tout respectueux du Chabbat sera pardonné, fut-il même un adorateur d'idole comme à l'époque d'Enoch ". Car le Saint béni soit-Il pardonne toutes ses fautes au respectueux du Chabbat, et dès l'instant où ses fautes sont pardonnées, il devient apte à comprendre que les cieux sont ouverts devant lui et effectivement, les cieux s'ouvrent en grand pour lui et les illuminations célestes s'offrent à lui.
Pour toutes ces raisons, si tu vois que ta vie est si insatisfaisante et que tu te traînes dans une tristesse et une mélancolie intérieures, commence à fêter le Chabbat, réjouis-toi d'un élan de bonheur en ce jour réservé et, si tu persévères, tu pourras mériter que s'étende sur toi la splendeur divine que Dieu a gardé pour les justes depuis la création. Tu découvriras la jouissance de la proximité du Créateur, béni soit-Il, et tu seras heureux plus que tu n'as jamais été. Heureux celui qui met sa confiance dans de telles paroles, son bonheur s'étendra tant à ce monde-ci qu'au monde à venir.
Gloire à l'Eternel, Créateur de l'univers